Lita, Chris et Sally, les Australiens de Puri, sont arrivés ici et je me retrouve dans la même situation que souvent à Paris. Les amis de longue date réclament une intimité que j’ai commencé à partager avec d’autres. Un des camps est automatiquement déçu, quand ce ne sont pas les deux à la fois. J’aime compter pour les gens, et, comme rien n’est gratuit, j’essaye de rendre le même sentiment en échange. Est-ce moi qui donne aux personnes la sensation de compter pour moi plus qu’ils ne font réellement ou bien ces derniers, qui attendent plus, se trompent eux-mêmes et croient un moment recevoir plus que ce que je donne vraiment ? J’essaierai à Goa de garder suffisamment mes distances pour ne pas tomber dans le même dilemme.
Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui se suffisait à lui seul, qui m’apportait tout ce que j’appréciais chez les autres. Faut-il renoncer à certaines jouissances pour donner l’exclusivité à celui qui apporte le plus ? Déjà difficile en amour et combien plus en amitié ! Si je disais qu’il faut apprendre à se satisfaire de ce que l’on a, je crois que je le suis, j’ai beaucoup. Que les autres soient satisfaits de moi en est une autre moins évidente. N’est-ce pas là justement l’idée de garder ses distances, ne pas se préoccuper de ce que les autres attendent de vous ? On dit : « Je vous cherchais ! », quand, en fait, on ne cherchait qu’un prétexte pour échapper à d’autres. On est contents de trouver ceux qui nous permettent de quitter les « ennuyeux » que la politesse et le savoir-vivre nous interdisaient d’abandonner sans raison mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, on est bientôt prisonnier des nouveaux, alors on retourne aux premiers !

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