jeudi 4 janvier 1996

Puri, quatre-vingt-septième jour,

Chaque jour apporte une évolution dans le jeu avec Sven. Les coïncidences se multiplient, un peu de charme romantique allié à un zeste d’érotisme et l’on va beaucoup en avant sans aucun espoir de recul. On croit que l’on joue alors qu’on est le jouet, non de l’autre mais avec l’autre, de la situation qui, même si nous la connaissons déjà à l’avance, nous assigne à des rôles dont il nous est impossible de nous écarter.
Sven est très blond, poilu, la peau un peu rosée, né le onze mai et a cet air de fausse fragilité qui m’avait séduit chez Damien. Etre attiré par lui, c’est un peu la poursuite de l’impossible, la certitude de l’échec, mais c’est aussi être fidèle à son passé, rester égal à soi-même, l’illusion de ne pas vieillir. J’ai embrassé les lèvres de Sven comme dans mon rêve et il a dit que c’était assez. Ca l’était en effet, la nuit de pleine lune au délire opiacé avait été parfaite.

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