La nuit fût encore une fois très agitée, non en raison d’une activité intérieure comme la nuit précédente mais à cause de l’animation extérieure. Il semblerait que les trois nuits autour de la pleine lune soient consacrées au chant et à la danse dans le village des pêcheurs. Une voiles, trois néons à la verticale et deux puissants haut-parleurs composent la scène où deux travestis et une demi-douzaines de musiciens danseurs se produisent. Mon premier spectacle de travestis tribal. Les deux « chanteuses » vêtues de saris et masquées très « tribal » avaient encore une énergie extraordinaire à six heures et demie du matin pour le lever du soleil, dont l’origine naturelle restait douteuse. Je suivais un petit garçon de dix ans (« you are my friend ! ») dans la cahute de ses parents où je fus invité à prendre le thé. On voudrait donner les cinquante francs qui suffiraient à construire la maison avec dépendances dont ils rêvent mais on ne le fait pas. Quelque chose nous bloque, peut-être cette attitude d’assistés qu’ont souvent les indiens pauvres qui trouvent naturelle toute aumône.
Sur le chemin de la plage nous rencontrâmes les deux travestis du village. Ils étaient tous les deux debout, ayant abandonné les saris pour des tenues guère plus masculines et conversaient avec les pêcheurs. Leur parler était difficile car leur anglais rudimentaire. Celui aux yeux très verts n’en parlait pas un mot. C’est donc l’autre qui vint nous rejoindre sur la plage sous prétexte de nous offrir des concombres avec du sel. Nous apprîmes alors qu’ils venaient d’un village éloigné de trente kilomètres, qu’il dansait souvent dans la région pour les mariages et nous fît la démonstration de la danse du cobra. J’étais fasciné par le côté tellement primitif de la situation ; un homme dans un petit village indien où la condition des femmes est si mauvaise et qui cependant s’identifie à elles, et, extraordinaire, trouve sa place.
Le reste du temps j’observais le petit jeu de Chris, un des australiens du groupe, et de Lita. Etant les seuls à ne pas être en couple, tout semblait les pousser l’un contre l’autre, mais étant trop « cool » pour introduire une dimension sensuelle dans leur amitié, il y a cette sorte de jeu dont la contemplation évoque celle du bonheur. Nous tourbillonnons sur la plage en offrant nos « lungis » au vent pour les faire sécher. Nous tombons l’un sur l’autre en riant la tête emmaillotée dans les étoffes indiennes. Nous nous donnons le bras pour marcher dans les petites flaques laissées par le ressac. J’offrais certainement un spectacle comparable dans mon comportement vis-à-vis de Sven qui passa la soirée d’adieu des Australiens avec nous sur la terrasse. Regarder les vagues près de lui en entendant plus loin les succès de Georges Michael repris à la guitare par la petite bande était assez formidable. Perdu dans le temps…
Sur le chemin de la plage nous rencontrâmes les deux travestis du village. Ils étaient tous les deux debout, ayant abandonné les saris pour des tenues guère plus masculines et conversaient avec les pêcheurs. Leur parler était difficile car leur anglais rudimentaire. Celui aux yeux très verts n’en parlait pas un mot. C’est donc l’autre qui vint nous rejoindre sur la plage sous prétexte de nous offrir des concombres avec du sel. Nous apprîmes alors qu’ils venaient d’un village éloigné de trente kilomètres, qu’il dansait souvent dans la région pour les mariages et nous fît la démonstration de la danse du cobra. J’étais fasciné par le côté tellement primitif de la situation ; un homme dans un petit village indien où la condition des femmes est si mauvaise et qui cependant s’identifie à elles, et, extraordinaire, trouve sa place.
Le reste du temps j’observais le petit jeu de Chris, un des australiens du groupe, et de Lita. Etant les seuls à ne pas être en couple, tout semblait les pousser l’un contre l’autre, mais étant trop « cool » pour introduire une dimension sensuelle dans leur amitié, il y a cette sorte de jeu dont la contemplation évoque celle du bonheur. Nous tourbillonnons sur la plage en offrant nos « lungis » au vent pour les faire sécher. Nous tombons l’un sur l’autre en riant la tête emmaillotée dans les étoffes indiennes. Nous nous donnons le bras pour marcher dans les petites flaques laissées par le ressac. J’offrais certainement un spectacle comparable dans mon comportement vis-à-vis de Sven qui passa la soirée d’adieu des Australiens avec nous sur la terrasse. Regarder les vagues près de lui en entendant plus loin les succès de Georges Michael repris à la guitare par la petite bande était assez formidable. Perdu dans le temps…

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