Plusieurs des ouvriers de l’Ashram d’à côté m’ont regardé prendre le soleil, quelle bizarrerie occidentale doit leur paraître cette manie de vouloir être bronzé !
L’image de cet enfant changeant une ampoule presque aussi grosse que sa tête s’est gravée dans mon esprit. Les doigts si longs et si fins autour du bulbe, déjà sous contact mais pas encore fixé, formant comme une châsse au joyau de cette lumière orangée.
Après une courte tentative de manger avec les doigts, « à l’indienne », l’utilisation de la cuillère a bientôt retrouvé tout son sens. Les gens éduqués en Inde ne mangent pas avec les doigts, pourquoi nous autres, touristes, devrions-nous nous comporter comme les gens les plus ordinaires ? Sous prétexte d’intégration ethnique ? Ou alors serait-ce pour nous faire pardonner d’être si obscènement riches ? J’ai des fois le sentiment que les traditions concernent principalement la classe non éduquée qui ne connaît pas, ailleurs, les usages différents. Les autres acquerraient une sorte de culture internationale de plus en plus universelle, fruit du mélange de plus en plus rapide des civilisations. Je parle anglais, je mange avec une fourchette, mais je sais utiliser des baguettes, je vois les films dans leur version originale, je vis dans les dernières années du deuxième millénaire.
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