dimanche 29 octobre 1995

Katmandou, dix-neuvième jour,

Des forces équilibrantes. Autour de moi, tout est tellement étranger et différent, et pourtant il est tellement facile d’être rationnel. On pourrait croire que la déraison est toute proche d’un univers où rien ne fait appel aux cadres de références habituels, la solitude ne pouvant qu’accentuer les sentiments, mais bien au contraire toute une journée à aligner des chiffres, échafauder des projets de financement et trouver des solutions nouvelles aux problèmes de base ne semblent pas du tout contradictoires. Tout devient d’une clarté presque ennuyeuse. Ou alors, n’est-ce pas le dernier avertissement que tout va mal, comme ce mieux avant la fin. Si c’était simplement la volonté de l’esprit de balancer le fantastique par le terre-à-terre. J’avais avant de partir quelques velléités d’écrire une petite fiction du genre tourmenté, mais je le crois tout bonnement impossible. Il est bien plus facile de trouver un nom original à cette association à laquelle je pense depuis si longtemps. Je suis assez fier de : « Le CLAC » (Centre de Loisirs et d’Activités Culturelles) ! C’est spirituel, (j’entends à connotation sexuelle cachée), sans être prétentieux ; c’est aussi une onomatopée imagée facile à mémoriser.
La journée n’aura pas été perdue, d’autant qu’elle aura comporté également la visite de cette « Kaiser Library », véritable petit musée en soi à la gloire des années du colonialisme. Tigres empaillés par-ci, photos coloriées par-là et tenues de safari pour tous les portraits.
De la rencontre de Matthew en bas de mon hôtel. C’est un événement que j’attendais et auquel je pensais quotidiennement. Il me paraissait donc logique que ce serait moi qui le reconnaîtrais mais il semblerait que je ne sois pas doué pour cette activité. Peu importe, si même en pleine nuit et à des milliers de kilomètres de mon domicile, on peut me reconnaître. J’attends après le petit-déjeuner de demain !

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