Sur ma terrasse préférée de New Delhi, j’attends désespérément qu’une chambre bon marché se libère. Je me laisserais bien tenter par un peu de luxe, je n’en aurai peut-être plus tard pas l’occasion, mais c’est encore un peu tôt je crois. Il y a malheureusement chez moi ce sentiment que tout ce qui n’est pas « Pur Luxe » est d’un niveau égal. La définition du « Luxe » reste à faire. La salle de repos avec vue est « Super Deluxe ». Peut-être seule de la notion de repos découle l’idée du « Luxe ». Le repos opposé au travail, le repos compensateur ou encore le repos de l’âme et de l’esprit. La vue est importante car elle donne une dimension au repos, importante quand la vue est dégagée. Je contemple la Connaught Place en contrebas et je me sens tranquille. Le vacarme des klaxons et le pétaradement des scooters s’est impersonnalisé, un peu comme le ronron des ventilateurs qu’on finit par ne plus entendre. Faut-il vraiment voyager ou trouver sa « room with a view » ? La vue sur la mer depuis l’immense baie vitrée de ce petit hôtel de la côte Normande est-elle méprisable comparée à celle que j’ai actuellement ? Certainement pour les habitués de la côte Normande. Le facteur temps est peut-être important aussi. La contemplation de la Manche repose peut-être un temps différent de celle de la place centrale de New Delhi…
Le soleil est fort, ma chemise aura encore ce soir des traînées blanches de sueur salée évaporée.
Voilà la fin de la journée. La visite de « Humayun’s Tomb » était sans grand frisson artistique. Les monuments sont beaux bien sûr, mais quelque chose manque, ou alors quelque chose est en trop : la permanence de la sollicitation à dépenser l’argent que les occidentaux représentent un peu trop obscènement. Dans une atmosphère calme, le plaisir serait sans doute différent.
Le jeu, le désespoir, le jeu du désespoir de la drague sur Connaught Place. Le sexe me manque-t-il ? Je pense, mais la jouissance est impossible.
De la difficulté de téléphoner. Coûts physique et financier sont de nouvelles barrières entre le monde de mon passé et celui de mon présent.
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