mercredi 11 octobre 1995

Frankfort,

Et voilà le temps qui commence à prendre une nouvelle dimension. Il faut attendre, il n’y a rien à faire dans le hall de cet aéroport, écrire est la meilleure solution. Parler de soi-même comme si on parlait à d’autres, comme si d’autres allaient lire la bafouille que de toute façon on est le seul à comprendre. Doit-on se féliciter ou se plaindre d’être lu ou pas ? Comment prétendre être honnête et parler de choses vraies lorsque l’on sait qu’elles pourraient choquer et ne pas être comprises par le lecteur ? Le lecteur est-il le voyeur et l’écrivain l’exhibitionniste ? Le talent du montreur n’est-il pas de savoir satisfaire la perversité du regardeur ?
La vision de Bernard Pivot accompagné de l’assistante, réalisatrice, rédactrice, blonde super branchée en pantalons de cuir dans le duty-free de Frankfort est-elle une satisfaction ou une frustration ? Les choses profondes, les choses culturelles peuvent-elles devenir superficielles et réduites au même traitement que la nouvelle longueur des robes, l’hiver prochain ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire