vendredi 10 novembre 1995
Katmandou, trente-et-unième jour,
Voilà donc le premier mois passé, première étape, la deuxième étant dans deux semaines pour mon anniversaire. Là, je serai libre de rentrer quand je veux sans avoir eu le sentiment de manquer le but. Noël et le Nouvel An seront encore d’autres jours clef mais de moindre importance. Je n’ai jamais aimé Noël à Paris, sauf avec Dany, qui n’a pas l’air de l’apprécier non plus, alors tout est parfait cette année – comme beaucoup d’autres d’ailleurs, où je me suis arrangé pour ne pas y être -. Pour ce qui est du Nouvel An, je fais confiance à la solidarité des « voyageurs » pour avoir des activités. L’idée de l’hôtel de luxe à Calcutta me tente encore, mais ma situation financière m’en dissuadera peut-être entre temps.
Depuis hier, une pluie diluvienne ne cesse de tomber, ça limite les activités mais n’empêche pas d’avoir à courir toute la journée. Banques, services informatiques – pour imprimer le journal au fur et à mesure avant qu’il ne disparaisse dans une fausse manipulation -, s’occuper de ma carte bleue, expirant, horreur, à la fin de ce mois-ci !
J’avais prévu la réunion gratuite sur la méditation mais j’avais déjà assez médité sur mes problèmes aujourd’hui.
Du regard du photographe.
Je sens que ma façon d’écrire est différente, est-ce lié à ma décision récente de laisser lire mon journal à ceux qui me demanderont des photos de vacances – les pauvres qui vont devoir me lire s’ils ne veulent pas passer pour des paresseux incultes - ? Il est déjà tentant de revenir un peu en arrière et de supprimer ou d’ajouter quelques passages, alors pour les nouveaux textes, comment rester naturel devant le viseur de la caméra du lecteur potentiel ? Les « révélations » les plus importantes sont en fait – même pour moi – des données d’ordre familial, alors le peu de famille concerné sera peut-être exclu de la possibilité de les lire.
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