Une nouvelle journée très occupée. Il faut croire que le plus on fait, le moins on pense. Les réflexions d’aujourd’hui sont un peu terre-à-terre : ma mère pourrait-elle m’aider à vendre mes travaux manuels, quel pourrait être le prix de ci, et de ça ? Il y a eu quelques solutions à des problèmes « majeurs » : trouver un couturier pour les sachets et aussi le lien de cuir au mètre pour les colliers. Loin d’être une journée perdue !
Michel se plaignait sur le besoin des gens de toujours faire quelque chose, de ne pas savoir ne rien faire. Peut-être que j’appartiens à cette catégorie ; c’est juste la sensation d’être utile à quelque chose, d’avoir sa part dans le mouvement de l’univers, ne pas se sentir à côté. Il y a, c’est sûr, de la prétention là-dedans, l’univers ne changerait pas si je vendais mes perles tibétaines en os accrochées à un lien de cuir ou bien de chanvre ! Mais ça évite de penser aux questions gênantes. C’est je crois un peu comme le refus de la lecture : ouvrir son esprit est une chose, connaître l’expérience de tant de personnes intelligentes, au point de dénaturer ses élans les plus spontanés, en est une autre ! La culture peut-elle être nuisible ? Est-on plus heureux stupides ? Peut-être faire des colliers est une solution idéale ; dans un domaine jugé en dehors des activités intellectuelles, laisser transparaître son savoir. Les uns verront un moyen facile de faire de l’argent, les autres, le reflet de l’état d’esprit des années 90, l’adaptation minimale des concepts des années 70 !
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