samedi 18 novembre 1995

Katmandou, trente-neuvième jour,

Onzième jour (!) après la pleine lune et cérémonies religieuses supposées plus nombreuses qu’à l’ordinaire à Pashupatinath. Karen a désiré m’accompagner dans mon pèlerinage au « Bénarès népalais ». Ma New-Yorkaise s’y est souvent rendu et connaît les lieux mais elle n’est pas assommante comme les vieilles routardes dont parlait Damien. Elle a la curiosité d’un nouvel aspect d’un savoir déjà acquis. Avons longé les berges de la Bagmathi, un affluent du Gange, qui ne menaient nulle part, admiré les pochoirs des poutres apparentes des plafonds, avons parlé arts, vêtements, puis finalement, comme toujours, restaurants. « Grimy » est le qualificatif qu’elle a utilisé pour désigner ces endroits, semblables à « Chez Didi », sur le chemin caillouteux de Bodnath, dans lesquels j’avais émis la possibilité de faire une pause. Nous nous sommes donc arrêtés dans un petit restaurant, avec vue sur le gigantesque stupa de Bodnath, dont la plus grande marque de technologie était constituée par une chaîne « Hi-Fi » (un audio-cassette amélioré) éclairant en son cœur – successivement au rythme du tempo – une fleur de lotus en plastique, de lumières rouges et vertes.
Ai discuté longuement avec Robert, qui vient de Londres, sur le trajet du retour du « Free Movie Show ». Un peu pédant, Robert, mais plus intéressant, comme tous ces gens que je rencontre actuellement de cette tranche d’âge, que les «trekkers» acharnés qui appartiennent à ma génération

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