mardi 14 novembre 1995

Katmandou, trente-cinquième jour,

De l’impérialisme.
En énonçant mes idées sur l’architecture à ma voisine poétesse américaine, je me suis surpris moi-même à faire une apologie de l’impérialisme. Ma théorie était assez ancienne mais n’avait jamais été mise en rapport par moi, avec celui-là. En disant que les constructions en dehors de son territoire d’une nation à son apogée avaient tant de beauté et de charme, je m’apercevais que la nation, quelle qu’elle soit, était forcément impérialiste – puisqu’elle imposait ses références culturelles en dehors des limites de sa propre culture – et recevait mon admiration. Et s’il y avait eu des bons côtés dans cette partie sombre de l’histoire ? Anéantissement de la culture dominée ou bien enrichissement de la culture dominante ?
Le reste des réflexions de la journée a été centré autour de cet article sur la méditation dans le contexte bouddhiste que je venais de lire. Apprendre que l’essence de cette philosophie n’était pas le culte du Bouddha, mais le culte du dieu que chacun a en soi, était assez séduisant. S’il semble complètement insensé d’annoncer autour de soi qu’on est Jésus et qu’on a un message pour l’humanité, cela paraît plus raisonnable de dire qu’on va à des séances de méditation, bien qu’en fait de compte ce pourrait être la même chose. Je retourne à mes réunions sur la méditation dès demain !

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