mardi 19 décembre 1995

Calcutta, soixante-dixième jour,

Délaisser la réflexion pour l’observation de la ville, se laisser conduire par ses courants, son rythme. Traverser les terrains publics et privés de golf et de cricket, chercher un invisible fort du dix-huitième siècle, se balader dans le « Indian museum ».
 Ce dernier fût une expérience intéressante en tant que subsistance intacte d’un essai de culture occidentale en Inde.
Que de l’extraordinaire ou à défaut du quotidien en dimension extraordinaire, un peu comme lorsque l’on cherche à impressionner des enfants. Ainsi l’on peut voir des mouches et des moustiques grossis cent fois ou encore le système respiratoire d’un cobra éventré dans le formol, mais aussi un pingouin, des kangourous et des autruches empaillés, un cygne noir et le squelette de son poussin encore dans l’œuf, un caméléon aussi dans un bocal autrefois rempli de formol. « It lost its tail in some accident » annonçait aussi la légende d’une raie empaillée !

Ai fait quelques salles des ventes à la recherche de « vestiges d’un passé qui n’est plus ». « Les choses nous parlent si nous savons les entendre » dit Barbara, aujourd’hui les sofas en velours à fleuri n’avaient pas grand chose à me dire et tout d’un coup une petite étagère « cubiste » raconte une histoire peut-être à cette console d’acajou renversée dans un coin.

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