Un jour comme un autre, mise à part la conversation permanente avec des gens particuliers. Le prédicateur norvégien et son herpès attrapé dans les bordels à Bangkok m’annonçant que comme lui je pouvais être sauvé, mais que ce n’était pas Dieu qui avait décidé de ma sexualité, c’était moi-même (la journée n’était pas perdue) ; l’intellectuel népalais du Goethe Institut dénonçant la corruption du christianisme ; les Français dépouillés à Pokhara ; puis enfin le jeune professeur d’anglais ayant lu mille pages de Proust que j’ai réussi à garder deux minutes dans ma chambre sous l’appât du hashich laissé par mes voisins à l’hôtel. Le départ des « trekkers » donne plus de consistance aux « allumés » qui sont restés ici semblerait-il ! Seul manquait au répertoire le moine bouddhiste européen qui chantait des chansons des « Doors » au « free movie show » et qui me fixe en souriant à chaque fois qu’il me voit.
Je ne partirai pas le onze, j’ai l’éventuelle possibilité d’obtenir des espèces grâce à un papier de l’ambassade allemande. Je veux essayer avant de partir.
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