Grande conversation avec Lita aujourd’hui. J’ai trouvé une nouvelle victime à qui raconter ma vie. L’Allemagne, la France,…Pourquoi l’élégance française ne serait qu’une réponse aux complexes et aux frustrations de chacun. Tous essaient de cacher quelque chose, leur classe sociale, leur éducation, leurs difformités. La beauté est rarement vraie et naturelle. Quand exceptionnellement elle apparaît, on la voit sublimée, devenir surnaturelle, inaccessible. La beauté non-apparente a l’avantage de faire appel à l’intelligence pour être découverte, elle est réservée à ceux qui savent la chercher. La beauté apparente a l’avantage d’agir sur tout le monde, les stupides, les non stupides, mais de par cela nécessite cette fois l’intelligence de celui qui la détient, ne pas donner des perles aux pourceaux.
La conversation de la veille sur les films de Quentin Tarentino m’amena aussi à la conclusion que « Pulp Fiction » était définitivement « nineties » couronnant la suprématie américaine en domaine d’art. Si les boîtes de conserve d’Andy Warrol avaient choqué en tant qu’œuvres d’art, les « tasty burgers » du compagnon de Travolta sont des chefs d’œuvre pour l’ensemble du globe et ne dérangent personne.
L’Europe s’englue dans sa période de transition, ne trouve pas d’identité entre le passé et le futur pendant que les Etats-Unis font de leur crise décadente un bouillonnement culturel qu’aucun autre courant venu du « vieux continent » ne vient entraver. L’essor économique et artistiques sont-ils opposés ? Est-ce seulement la nostalgie de l’époque de prospérité et de vie facile qui incitent à s’interroger sur la nécessité de l’art dans la vie quotidienne, ou bien l’aisance et le confort n’ayant pas apporté la satisfaction attendue, on se penche sur des moyens plus indirects, pour pouvoir contenter son esprit.
On veut voir des couchers de soleil dans les cocotiers et une fois qu’on les a vus on les trouve vulgaires. On cherche alors la beauté d’une brume matinale mêlée à la fumée de cheminées d’usines, et le triste quotidien d’une masse – qui rêve des cocotiers qui nous ont laissés indifférents – est par nous transcendé au rang de merveille car il nous a donné le plaisir d’utiliser notre intelligence pour pouvoir apprécier ce que ne voient pas les masses.




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