De l’écologie et de l’élégance.
Les Allemands sont plus écologistes que les Français parce qu’ils se soucient moins de l’apparence. C’est une des pensées qui me vint après avoir brièvement parlé de l’écologie dans nos pays respectifs avec une Américaine en attendant l’ouverture de la Poste. Si les Français persistent à acheter du papier toilette rose – sans se soucier des risques de cancer anal dû à l’application quotidienne, quelquefois plusieurs fois par jour, de colorants toxiques sur leurs parties les plus intimes – ce qui ne semble plus exister chez nos voisins d’outre-rhin, c’est que la douceur évoquée par la couleur rose nous réconforte pour les petits soins de notre intimité. Nous nous attachons aux qualités visibles, tactiles et même parfois olfactives en l’occurrence, mais pas du tout à la nocivité cachée de toute cette beauté. Pareillement pour tous les emballages superflus destinés immédiatement à rejoindre les ordures, ils motivent nos achats : le fond étant supposé dépendant de la forme. Notre écologie doit donc être une écologie de luxe et jolie à regarder, termes quelquefois antinomiques. Nous pourrons envoyer une lettre d’amour sur du papier recyclé si la mode l’exige, mais envoyer un curriculum vitae sur un papier qui ne serait pas d’un blanc éclatant, ça ne ferait pas sérieux ! Nous sommes esclaves de l’extérieur et malheur à ceux qui ne le sont pas, ils seront classés de barbares. Le problèmes viendrait en fait peut-être de ces derniers, qui, reconnaissant la supériorité de l’esthétique « à la française », proclament en fait le bien-fondé d’un mode de vie parfois extrême.
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