
La journée a été consacrée à la visite du seul monument important des environs : le temple du soleil de Konark. Je voulais le voir avant la fin de l’année et je m’y suis tenu. Parcourir les quatre-vingt kilomètres aller-retour en vélo doublait l’excursion d’une épreuve sportive. La fatigue physique permît d’anéantir ma mauvaise humeur certainement liée à la proximité de la pleine lune et arrivais devant un temple très différent de ceux que j’ai eu l’occasion de voir en Inde. C’est une sorte de pyramide en roche poreuse dont le socle est orné de douze roues de char. On a plutôt le sentiment de voir quelque temple Inca de la forêt équatoriale qu’un temple indien et l’imagination du sacrifice de vierges ayant été précédemment dûment violées selon les rites exigés est aisée à l’observation des multiples sculptures érotiques d’où s’échappe une atmosphère mi-orgiaque, mi-sacrée.

Le souvenir du char de l’Apocalypse avec ses quatre roues multidirectionnelles ornées d’yeux revînt aussi à ma mémoire avec ce sentiment berlinois de fin du monde déjà passée. En revenant et alors que j’approchais de Puri, le soleil commençait déjà à se coucher. Je traversais une forêt de cocotiers et je pensais à ce que j’avais écrit la veille, je souris en trouvant de la beauté au paysage. Quand j’aperçus en son milieu une centrale électrique je riais de bon cœur en trouvant de la beauté au paysage !
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